« Le Montespan » de Jean Teulé

Le 19 octobre dernier, le club de lecture de l’île aux livres s’est réuni pour discuter de sa lecture commune sur le roman choisi la fois précédente : Le Montespan, de Jean Teulé. Résumé de la quatrième de couverture :

Au temps du Roi-Soleil, avoir sa femme dans le lit du monarque était pour les nobles une source de privilèges inépuisable. Le jour où Louis XIV jeta son dévolu sur Mme de Montespan, chacun, à Versailles, félicita le mari de sa bonne fortune. C’était mal connaître Louis-Henri de Pardaillan, marquis de Montespan…

Gascon fiévreux et passionnément amoureux de son épouse, Louis-Henri prit très mal la chose. Dès qu’il eut connaissance de son infortune, il orna son carrosse de cornes gigantesques et entreprit de mener une guerre impitoyable contre l’homme qui profanait une union si parfaite. Refusant les honneurs et les prébendes, indifférent aux menaces répétées, aux procès en tous genres, emprisonnements, ruine ou tentatives d’assassinat, il poursuivit de sa haine l’homme le plus puissant de la planète pour tenter de récupérer sa femme…

Sur les membres du club, tous n’avaient malheureusement pas lu ce roman, qui a pourtant été apprécié dans l’ensemble. Néanmoins, cette chronique a pour but d’apporter un éclairage nuancé sur le livre, en prenant en compte toutes les remarques des membres du club.

Du point de vue positif, les éloges ont tout de même été nombreux. D’abord,  Jean Teulé a choisi de prendre un pan peu connu de l’Histoire de France en choisissant le personnage du marquis de Montespan, bien moins connu que son épouse, et il exploite très bien cette facette. Le personnage du Montespan est d’ailleurs très bien dépeint. Il est attachant, volontaire, tenace, amoureux, fait face à ses malheurs et finalement, très humain. Il est facile de s’identifier à lui. Même si le personnage principal du roman est le marquis, la marquise est très présente, en filigrane ou en chair et en os, et elle aussi peut-être attachante.

Concernant le style de l’auteur, il réussit à poser un cadre par son phrasé et un vocabulaire un peu grivois (mais sans aller trop loin) qui rend compte d’une certaine réalité historique, d’une vérité crue qui fait souvent défaut aux romans se déroulant à cette époque. Teulé montre vraiment un temps et y fait entrer le lecteur. Son roman se lit vite et bien, notamment grâce aux chapitres courts. Le ton de l’auteur est très sympathique, il y a beaucoup d’humour et un petit côté rabelaisien très agréable. Les apparences dans le roman sont trompeuses, n’est pas le gentil ou le méchant qui l’on croit tout d’abord, et Teulé n’est pas du tout tombé dans le manichéisme.

Ce roman fait contrepoids à la période raffinée du classicisme qui est souvent idéalisée, il y a un peu « destruction » des idoles. Voir l’envers du décor change. Le pire de la noblesse, à la limite c’est un peu trash par moments ! Comme l’auteur brode autour de l’Histoire, ça ne fait pas un lourd et ennuyeux traité d’Histoire, ça reste abordable pour tout le monde. Les petites libertés prises par Teulé avec l’Histoire sont bien normales puisqu’il est romancier. Les illustrations disséminées dans le roman sont très plaisantes ainsi que les références à d’autres personnages (comme La Fontaine, Molière…). La couverture également correspond tout à fait au sujet du livre, et la bibliographie des ouvrages utilisés à la fin est très intéressante.

Ceux qui découvraient Teulé grâce à ce roman ont trouvé que c’était plutôt une bonne entrée en matière et que ça donnait envie de lire d’autres œuvres de l’auteur.

Du point de vue négatif, il est facile de se laisser emporter par le côté roman et de ce fait le pan historique peut être un peu oublié ou trompeur. Teulé est un « roublard ». Il est difficile par moment de faire la part entre la fiction et l’Histoire. D’ailleurs, les thèmes du pouvoir absolu de droit divin, de cette monarchie énorme, de la mesquinerie à la cour et des règles sociales de l’époque, peuvent fortement déplaire. Le style de l’auteur est déroutant au début, ou peut paraître trop léger comparé à ce qu’il a fait dans ses autres romans.

Liens vers les chroniques de nos membres :

La chronique de Dawn

La chronique de NyrA

La chronique de Cassiopée

Et vous, avez-vous lu Le Montespan ? Qu’en avez-vous pensé ?

Votre avis nous intéresse !

Résumé proposé par NyrA

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