« Rebecca » de Daphné Du Maurier

Résumé de la 27ème lecture commune du club du 15 novembre 2013:

Pour beaucoup d’entre nous, nous connaissons et apprécions les films d’Alfred Hitchock.
Réputé  comme ayant été le génie de l’angoisse du siècle dernier, il a toujours su tenir son public en haleine.
Mais ce que nous savons peu, c’est que ce grand homme du cinéma, doit énormément à une femme en particulier.
Cette femme, c’est Daphné Du Maurier. Ces écrits ont en effet permis à Hitchock d’atteindre sa popularité et sa légitimité auprès du tout Hollywood et du grand public.
En effet elle est à l’origine la terrifiante adaptation « Des oiseaux », rien que cela !

Mais au club, nous avons jeté notre dévolu sur une autre de ses œuvres, elle aussi portée à l’écran par le grand Alfred, « Rebecca ».

Résumé :

« J’ai rêvé l’autre nuit que je retournais à Manderley » : ainsi débute le plus célèbre roman de Daphné du Maurier, qu’Alfred Hitchcock adapta en 1940 et qui n’a rien perdu de son charme vénéneux. Dans une somptueuse propriété de la côte anglaise, qu’hante le souvenir d’une première épouse disparue, une jeune mariée intimidée, un veuf taciturne, une gouvernante vêtue de noir s’observent dans un huis clos étouffant… Entre conte gothique et suspense psychologique, Rebecca entremêle les passions et les haines, les silences et les menaces, avec en bruit de fond le ressac de la mer sur les galets de la crique…

Le ressentit général du club:

« Rebecca » est l’archétype des romans à « suspense » des années 30.
Ce roman est avant tout un roman d’ambiance, d’atmosphère. La propriété de Manderley et ses jardins ont une grande place symbolique dans l’intrigue. Ils permettent à l’auteur, à la fois de poser l’impression de claustration ressenti tout au long du livre, mais aussi de rendre compte de l’état psychologique des personnages.

Mais « Rebecca » est avant tout l’histoire d’une absence.
Toute la mécanique du livre repose sur la disparition tragique de la première Mme De Winter, et l’empreinte qu’elle a laissé sur le domaine de Manderley et ceux qui y habitent encore.
Son prénom revient de manière obsédante tout au long des pages de ce livre, alors même qu’on ne connaîtra jamais le prénom du personnage principal , la seconde Mme de Winter.
On sent alors toute le machiavélisme de l’auteur qui s’ingénue à effacer et à infantiliser la nouvelle Mme de Winter, afin de laisser la part belle à Rebecca.
Le brio de l’auteur tient de cette capacité à garder vivante un fantôme. Rebecca est présente à chaque page.  On se retrouve, comme le personnage principal, à pouvoir l’entendre rire des tragédies qu’elle continue de mettre en oeuvre, malgré son décès. On en vient à entendre son pas partout. Elle impose son oeuvre de douleur, tourmente tous les vivants, comme une véritable Harpie, déchiquetant la moindre parcelle de bonheur…

Le personnage principal, quoi qu’assez agaçante et plus que banale, à première vue, est en réalité assez complexe.
Son supposé manque de témérité  et de personnalité, permet à l’auteur  de faire fantasmer un Manderley à l’apogée de sa splendeur et de son rayonnement social, et une Rebecca pleine de magnificence, alors même que la réalité est toute autre.
Et c’est là tout le génie de cet auteur, même si un grand nombre de nos lecteurs n’ont pas ressenti un suspense trop oppressent, tous ont pu goûter l’ingéniosité de l’auteur à parsemer, au fur et à mesure du récit les pièces qui font le puzzle de la malédiction de Manderley.

Ce personnage principal sans panache est contrebalancé, avec beaucoup d’astuces, par la glaçante Mme Danvers. Quoiqu’elle soit un personnage secondaire, c’est Mme Danvers qui va amener dans le récit tout son coté dérangeant et  glauque. C’est par son témoignage que l’on verra apparaître les vrais contours de Rebecca, aussi froide et venimeuse qu’un reptile. Et c’est aussi par elle que le scandale va éclater. Ne supportant pas que le nouveau couple de Winter puisse s’en tirer à si bon compte, elle va tout mettre en oeuvre pour leur pourrir véritablement leur avenir.
Les lecteurs du clubs ont donc adoré détester cette manipulatrice de haut vol.

Quoique le premier jugement de nos lecteurs n’est pas été très clément avec Maximum de Winter (qui est quand même un criminel), nous sommes revenus ensemble sur notre avis.
A priori ce personnage mystérieux semble lui aussi froid et sans réelle empathie. Toutefois il faut pondérer cette vison en rappelant le contexte social des années 30 en Angleterre. Un noble de l’ importance de M de Winter devait tout sacrifier à la renommer de son héritage. Partant de ce point de départ on comprend un peu mieux le fonctionnement étrange de ce personnage.
Et au final, ce n’est lui aussi qu’un jouet dans les mains de Rebecca, qui s’amuse à le persécuter au delà de la tombe.

Si il ne fallait garder qu’un passage :

« Il ne m’appartenait pas du tout, il appartenait à Rebecca. Elle était toujours dans la maison, comme Mrs Danvers l’avait dit, elle était dans cette chambre de l’aile ouest, elle était dans la bibliothèque, dans le petit salon, dans la galerie au dessus du hall. Même dans le petit vestiaire où pendait son imperméable. Et dans le jardin, et dans les bois, et dans la maisonnette en pierre sur la plage. Ses pas résonnaient dans le corridor, son parfum traînait dans l’escalier. Les domestiques continuaient à suivre ses ordres, les plats que nous mangions étaient les plats qu’elle aimait. Ses fleurs préférées remplissaient les chambres. Rebecca était toujours Mme de Winter. Je n’avais rien à faire ici. »

 Pour conclure:
Un roman à suspense bien ficelé, avec une mécanique impeccable, même si il n’a pas tenu en haleine nos lecteurs jusqu’au bout.
A découvrir pour connaître l’un des génies « du mal » du début du XXème siècle. 

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Chronique de Dawn
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Résumé proposé par Lilith

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