« Les belles images » de Simone de Beauvoir

Au club de lecture on connaissait déjà un peu Simone de Beauvoir.
Pour certains d’entre nous, nous l’avions rencontré sur les bancs du lycée et de la fac.
Pour quelques uns de nos lecteurs du club,  nous l’avions découverte, plus intimement, grâce au challenge « Beauvoir in Love » et au travail d’Irène Frain (retour sur notre challenge disponible ICI CLIC CLIC ).

Mais ce que peu d’entre nous savons, c’est qu’elle avait également un talent d’écrivain. Et cela nous l’avons découvert grâce à son roman « Les belles images ».

4c33c27a02a0f99e6ae4c110.LQuelques mots sur le livre:
Laurence c’est ce que l’on appelle une femme accomplie.
Menant qui mène une vie dorée à Paris.Elle a tout, un travaille gratifiant, un mari et deux superbes filles. Cependant, c’est une femme seule et sombre. Se rendant compte de ce qu’elle est devenue, un être insensible et vide, elle va tenter, par tous les moyens, de ne pas reproduire les même erreurs sur sa fille Catherine

L’avis du club:
Nous l’avouons bien volontiers, d’emblée nous n’aurions peut être pas choisi ce livre.
Surtout que les 10 à 15 premières pages sont vraiment ardues. Autant dire que « Les belles images » est un roman auquel il faut s’accrocher un peu avant d’en profiter.
Mais le phrasé de l’auteur est tel qu’on ne peut rester insensible à la musicalité de sa prose. Notamment le travail sur les allitérations qui mettent en relief l’histoire.

En effet, dès les départ, l’auteur donne accès à la pensée du personnage principale. Le lecteur fait alors l’expérience du « flux de conscience », et débarque sans prévenir dans l’esprit de Laurence.
Et ce personnage nous interpelle dès les premières lignes. Attachante, voir attachiante elle nous a inspirée de l’énervement, mais a aussi était source d’identification.
Laurence est un personnage très fort qui ne peut pas laisser le lecteur indifférent. On ressent son malaise profond, c’est comme si on pouvait sentir le tourment de ses démons intérieurs. Il y a quelque chose de déroutant à partager cette expérience avec Laurence, qui se livre sans fard. On est forcément bousculer par cette franchise, par cette détresse.
En découvrant le néant intérieur du personnage principale, on se prend une grosse claque, et on se questionne à son tour sur son devenir et le chemin que l’on prend dans la vie.
Chacun d’entre nous peut être amené à vivre, comme Laurence, une crise existentialiste, ou un épisode de dépression. Et c’est un ouvrage qui est fait pour cette période, car même si il nous nous sort de notre zone de confort, on peut y trouver quelques réponses, et peut être également un certain réconfort.

D’autant plus que les combats menés par les protagonistes sont toujours d’actualité (place de la femme dans la société, conflit entre réussite sociale et bonheur personnelle, difficulté à élever un enfant).
Laurence se bat de toutes ses forces, et même jusqu’au bout de ses forces pour lutter contre ce jeu de faux semblant. Cette lutte intérieure, auquel on assiste, permet à Simone de Beauvoir de dresser un portrait au vitriole de cette France sclérosée par les bonnes manières et le qu’en-dira-t-on.

Simone de Beauvoir aime à dépeindre une société engoncée dans ses principes, régit par l’apparence et la réputation. A travers ce milieu, très petit bourgeois, il y a une réelle prise de position en défaveur de la société des années 60, particulièrement arriviste et matérialiste.
Eelle veut égratigner les belles images que la société  fabrique de et donne à voir (stéréotype de la femme, de la bonne mère, du père de famille accompli …).
Elle casse les conventions et gratte le vernis de l’hypocrisie ambiante en donnant à voir toute la noirceur d’une âme, mais aussi toute la nourceur de la France de cette époque (un peu comme dans la série « Mad Man »).

Ce roman est avant tout une espèce de mise en abîme des principes qui ont jalonnés la vie de l’écrivain. On y retrouve les thèmes qui l’ont préoccupé, c’est à dire l’existentialisme et le féminisme. En fait ce bouquin est la mise en pratique du propre questionnement philosophique de l’auteur.
De part la vision de Laurence et son positionnement au monde (et plus particulièrement à sa fille), la philosophe nous renvoit à nos propres angoisses, à nos propres questionnements pour au final y apporter son point de vue sur ces questions .

Si il ne fallait retenir qu’un passage:

« Jean-Charles a-t-il raison ? Est-ce de moi qu’elle tient ce caractère inquiet ? C’est effrayant de penser qu’on marque ses enfants rien que par ce qu’on est. Pointe de feu à travers le cœur. Anxiété, remords. Les humeurs quotidiennes, les hasards d’un mot, d’un silence, toutes ces contingences qui devraient s’effacer derrière moi, ça s’inscrit dans cette enfant qui rumine et qui se souviendra, comme je me souviens des inflexions de voir de Dominique. Ça semble injuste. »

En conclusion:

Un livre un peu ardu, mais époustouflant de justesse. A découvrir pour comprendre de façon pratique ce qu’est l’existentialisme.

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