« Dans les rapides » de Maylis de Kerangal

Résumé de la 36ème lecture commune de « Dans les rapides », 04/09/2014

Résumé du livre :

« T’es rock, t’es pas rock. La vie rock. Ce n’est pas gravé sur les disques, ce n’est pas imprimé dans les livres. Une épithète consubstantielle, un attribut physique comme être blonde, nerveux, hypocondriaque, debout. Rock rock rock. Le mot est gros comme un poing et rond comme un caillou. Prononcé cent fois par jour, il ne s’use pas. Dehors le ciel bouillonne, léger, changeant quand les nuages pèsent lourd, des milliers de tonnes bombent l’horizon derrière les hautes tours, suspendus. Être rock. Être ce qu’on veut. Plutôt quelque chose de très concret. Demandez le programme ! ». Le Havre, 1978. Elles sont trois amies inséparables. Un dimanche de pluie, elles font du stop, et dans la R16 déboule la voix de Debbie Harris, la chanteuse de Blondie. Debbie qui s’impose aux garçons de son groupe, Debbie qui va devenir leur modèle.

dans les rapidesQuelques mots sur le livre :

 Auteur à succès qui fait de plus en plus parler d’elle, Maylis de Kerangal et son livre Dans les rapides a été proposé lors de la précédente séance du club par Ptyx qui avait rencontré l’écrivain au Bateau Livre et qui avait beaucoup apprécié Naissance d’un pont.

L’avis du club de lecture :

Dans les rapides est un livre qui aborde deux thèmes principaux : la musique et l’adolescence. Bien que de générations différentes, l’ensemble des lecteurs du club s’aligne sur le fait que les références musicales leur ont donné envie d’écouter de la musique et de (re)découvrir Blondie et Kate Bush.
L’un d’entre nous a même noté que le livre lui faisait penser à une battle musicale : Debbie VS Kate. En effet, les jeunes filles découvrent ces deux artistes et finissent par s’entredéchirer pour savoir laquelle est meilleure que l’autre. Grâce à cela, le lecteur apprend beaucoup de choses sur ces deux chanteuses.

Toutefois le thème de l’adolescence n’a pas fait l’unanimité.
Tout nos lecteurs ne se sont pas retrouvé dans cette adolescence et se sont plus ou moins attachés aux trois filles.
Si certains s’accordent à dire qu’ils ont beaucoup aimé cette plongée dans la jeunesse de ces trois jeunes filles, qu’ils se retrouvaient dedans ou qu’ils auraient aimé vivre ce genre d’adolescence, l’autre moitié du club a, au contraire, pas du tout apprécié ce thème et n’aurait en aucun cas voulu être à leur place.
Dans cet extrait de vie de Lise, Nina et Marie, on retrouve les thèmes récurrents à cette période de transition:le rejet des parents, la distance que ces jeunes filles prennent par rapport à eux et le manque de communication parent-enfant, l’effet de groupe avec les jeunes qui essaient de rentrer dans le moule ou de se démarquer et surtout le rôle à l’époque des garçons qui étaient les premiers à apporter de la nouveauté, ici musicale, et les filles qui suivaient.

Mais si Maylis de Kerangal a autant de succès, c’est particulièrement pour son style très travaillé.
Dans les rapides
porte bien son nom. En effet, le style impose un rythme de lecture très rapide.
Cette allure apporte les sensations grisantes de la vitesse, un peu comme son premier tour en mobylette. Le lecteur se laisse emporter, mais à la longue celles-ci peuvent devenir des moments de lecture insupportables car trop fatigantes et enivrantes.
Cette vitesse a parfois posé comme problème le fait de ne pas imprimer les événements, de ne pas réellement retenir ce qu’il se passe, tout défile trop vite pour pouvoir se poser, digérer et retenir ce qui a été lu. Le livre a même été comparé à un film qui défile. Cependant, tout le club a reconnu et admiré les exercices de style du livre, qu’ils aient été apprécié ou non, la performance est bien là.

Pour les membres du club ayant déjà lu du Maylis de Kerangal, cette lecture fut une « petite » déception, car pas à la auteur de ses précédentes œuvres. Ils retiennent particulièrement Réparer les vivants qui a été cité à de multiples reprises et qui a été un gros coup de cœur pour ceux qui l’ont lu.

Si il ne fallait retenir qu’un passage:
« Voix. Un éclair dans le ciel de l’ouest. Un son qui électrise l’espace. Le fractionne puis le colonise. Une voix perchée, aiguë. Une voix de fille, on le sait, Mais haute à ce point c’est une blague, un culot monstre celle-là, elle a dix-huit ans ? Lise s’est redressée sur ses coudes. Ne s’y attendait pas. Rien ne cille, rien ne tremble dans la voix de Kate Bush, laquelle se déploie dans la chambre, portée par la fougue des timides et l’aplomb des filles qui sortent du bois pour la première fois, décrit des boucles invraisemblables, trace des arabesques vocales insensées en une ligne qui bientôt se dilate jusqu’à devenir l’espace même. Rien de fragilité féminine enflée pour séduire, aucun éther, aucune vapeur, c’est solide et maîtrisé, irréductible comme du caillou – , c’est une pierre noire scintillante, c’est du micka. Tour de force et leçon d’art militaire : la fille qui chante, surjouant son genre, le déjoue, utilise son point faible de sexe faible, la petite voix, le filet d’or, le bijou du pendentif sur la gorge du rossignol, et s’en sert comme d’un levier pour se propulser hors du lieu où elle était assignée, attendue. »

Pour conclure:

Même si le livre a divisé, de part son style et son thème ,nos lecteurs du club, n’hésitez pas à faire un tour de mob’ pour expérimenter l’écriture de Mayilis de Kerangal.

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Bonus Tracks:

http://www.youtube.com/watch?v=mFaaDgdby54

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