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La main gauche de la nuit d’Ursula Le Guin

Résumé de la 51 ème lecture commune du club de lecture Lille aux livres (01/03/16):

La main gauche de la nuit d’Ursula Le Guin

la main gauche de la nuit

 

Quatrième de couverture:

Sur Gethen, la planète glacée que les premiers envoyés ont baptisée Hiver, il n’y a ni hommes ni femmes, seulement des êtres humains.
Des androgynes qui, dans certaines circonstances, adoptent les caractères de l’un ou l’autre sexe. Les sociétés nombreuses qui se partagent Gethen portent toutes la marque de cette indifférenciation sexuelle.
L’Envoyé venu de la Terre, qui passe pour un monstre aux yeux des Géthéniens, parviendra-t-il à leur faire entendre le message de l’Ekumen ?
Ce splendide roman a obtenu le Prix Hugo et à consacré Ursula le Guin comme un des plus grands talents de la science-fiction.

L’auteur :

Ursula Kroeber Le Guin — plus généralement appelée Ursula K. Le Guin — est une auteur américaine née le 21 octobre 1929 à Berkeley, en Californie. Bien qu’elle ait écrit de nombreux romans, poèmes et livres pour enfants, elle est surtout connue pour ses nouvelles et romans de science-fiction dans lesquels elle explore de façon originale des thèmes anarchistes, féministes, psychologiques ou sociologiques.
La plupart de ses écrits science-fictifs se distinguent par l’importance qu’ils accordent aux sciences sociales comme la sociologie ou l’anthropologie. Ses œuvres délivrent souvent un message sur nous-même via l’invention de cultures extra-terrestres inhabituelles. Un exemple typique est l’étude de l’identité sexuelle dans La Main gauche de la nuit. Par ailleurs, l’auteure est connue pour sa capacité à créer des mondes crédibles et peuplés de personnages très humains. Ainsi, ses œuvres dans le domaine de la fantasy (le cycle de Terremer) sont beaucoup plus centrés sur la condition humaine que ceux d’autres auteurs comme J.R.R. Tolkien, même s’ils partagent l’idée, propre à de nombreux récits appartenant à ce genre, d’un « vrai roi » qui doit sauver le monde et rétablir la justice.

L’avis du club : 

Ce qui nourrit le club de lecture c’est la diversité des membres dans leurs goûts, leurs âges, etc. Cela enrichit les débats et nous avons pu, encore une fois voir, ces différences avec cette lecture.

En effet, la lecture de La main gauche de la nuit, dont on ne comprend le titre que vers la fin de l’ouvrage, a entraîné diverses réactions selon le lecteur, passant du « je n’ai pas du tout aimé » au « c’est génial  du début à la fin ».

Le début de la lecture a laissé plus d’un membre perplexe, ne comprenant pas où l’auteur voulait en venir, trouvant ce début un peu pesant (plutôt par le style et les descriptions de royaume où le personnage principal Genly Ai débarque) malgré de bonnes idées.

La S.F. n’étant pas un genre lu par tous, certains lecteurs ont eu du mal à rentrer dans l’histoire alors que les fans ont tout de suite adopté l’univers proposé.

Si la première partie, plus politique, a parfois ennuyé le lecteur, d’autres l’ont trouvée intéressante, amenant des questions, du débat. Cette partie a plus de rebondissements mais  paradoxalement, elle fait moins avancer l’intrigue que la suite. La fin du livre permet d’éclairer cette première.

Beaucoup s’accorde à dire qu’à partir du moment où l’on découvre les fermes volontaires, où sont envoyés les « opposants » au régime (sous divers faux prétextes), l’intérêt est renouvelé, ainsi qu’avec la traversée du glacier qui est captivante, permettant un huit clos entre deux personnages très différents, et permet de relancer l’attention du lecteur qui a pu avoir un coup de mou vers le milieu du roman. Cette partie permet de comprendre beaucoup mieux que dans la première partie les différences entre les gens de la planète d’Ai qui nous ressemblent, habitants de la Terre, et les Gethéniens, habitant de Nivôse. Leurs particularités, leurs façons de penser et d’être se dévoilent et les deux personnages se comprennent enfin.

La chronologie complexe (calendrier et heures différentes notamment) a été mise de côté par certains membres qui se sont concentrés sur le reste, notamment certains passages reprenant des légendes ou récits épiques de Nivôse, qui permettent de comprendre certains points clés de l’histoire et certains personnages.

Les lecteurs dans l’ensemble ont trouvé l’écriture de l’auteur poétique et poussée (même si parfois les noms imprononçables ont agacé). En effet, les descriptions précises, le monde détaillé de manière presque anthropologique de Nivôse fait que l’on a pu avoir l’impression d’un monde réel, dans un endroit lointain mais qui existe réellement.

Le thème lui-même a divisé les lecteurs. Certains ont trouvé qu’il s’agissait plus d’une réflexion sur l’étranger, comment nous sommes amenés à percevoir l’autre, la découverte des différences des autres, l’incompréhension entre des peuples qui n’ont pas de bases communes. Par exemple, sur Nivôse, on parle de violence individuelle, plus personnelle mais pas de guerre, de vrai conflit et ceci serait dû à l’absence de sexe (les Gethéniens n’étant pas différenciés en genre (homme ou femme) et se révélant l’un ou l’autre en période de kemma). Idée et réflexion dans l’air du temps à l’époque de l’écriture par Le Guin et assez innovantes quand même.

Le thème principal serait donc principalement féministe. Mais est-ce suffisant pour parler de féminisme ? La question a fait débat.

Les autres en attendaient plus, partant du postulat que la S.F. est un média permettant de diffuser une réflexion, une critique de la société. La réflexion aurait pu/dû être pour eux, plus poussée.

Alors qu’en est-il ? Et bien si certains trouvent que le questionnement reste actuel, au vu de certaines réflexions entendues encore de nos jours, malgré le fait que ce livre ai été écrit dans les années 70, d’autres estiment les propos datés, vieillis, car entre temps les choses ont évolué. Et qu’en quelques années les mentalités ont fait un sacré bond en avant. Au lecteur de se faire sa propre opinion.

La main gauche de la nuit est donc une lecture qui n’a pas laissé indifférents les membres du club de lecture dont le ressenti a été très différent et qui dans l’ensemble a entrainé des questionnements, engagé le débat sur divers thèmes intéressants : le genre, le féminisme, les régimes politiques, etc.

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